Commentary : L'auteur, romancier, essayiste et historien né en 1837, raconte comment les personnes les plus déshéritées de la capitale parviennent à trouver de quoi manger chaque jour grâce à leur travail "bizarre". Les descriptions sont issues des recherches in situ de l'auteur, ou issues d'autres sources et permettent de dresser un vivant tableau d'activités très diverses liées aux modes parisiennes vers la fin du XIXème siècle. Les précisions scientifiques ou techniques, fournies sur un ton clair et alerte, situent ces activités dans leur arrière-plan international.
Les dix-neuf chapitres offrent la description de nombreuses industries, petits métiers, activités plus ou moins licites, plus ou moins hygiéniques, qui permettent d'acquérir quelque argent et ainsi subsister : ramasser et conserver des petits animaux (Le pourvoyeur de vipères) ; fabriquer des chapeaux (Les vieux chapeaux) ; faire le négoce de chevaux étiques vivants ou morts (La brocante des rosses), etc.
Le cuir et la viande de caïman (où l'on trouve des termes raciaux humiliants de l'époque), mentionne des chiens mangés par des alligators (pp. 49, 52).
À propos de chiens (pp. 78-88) entend raconter l'envers des expositions canines printanières aux Tuileries en montrant comment le chien est exploité dans diverses parties du monde (cynophagie, dons matrimoniaux). Il décrit des ramasseurs de crottes parisiens en lien avec le commerce de la pepsine à usage médical ou avec l'artisanat (mégisseries).
L'exploitation des fauves (pp. 100-117) pour les fêtes foraines évoque entre autres la nécessité de mettre la muselière à certains des animaux lors des transports, notamment les chiens, qui la supportent mal (p. 109) ; un dompteur évoque la bonne entente de ses animaux, où figurent des chiens (p. 116), mais aussi un combat entre un chien et un tigre, puis la morsure d'un chien (p. 117).
Les rivagiers (pp. 117-264) concernent les personnes qui vivent attachées aux rives de la Seine et à ses activités. Parmi eux, les "chienneurs", qui offrent des services de toilettage aux chiens de la bonne société, notamment les caniches, ainsi qu'aux personnes plus modestes, mais avec de plus simples moyens (pp. 255-256).
Toutes ces activités décrites avec saveur mettent en relation des personnes de diverses conditions, y compris les plus élevées socialement.