Résumé : L'anneau d'améthyste est la troisième partie de Histoire contemporaine, tétralogie écrite par l'auteur entre 1897 et 1901. Anatole France, qui a reçu le prix Nobel de littérature en 1921 pour l'ensemble de son œuvre, campe le personnage principal, monsieur Bergeret, dans la vie provinciale et parisienne entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème. C'est un homme sage à l'esprit libre, cultivé, s'intéressant à la vérité, à ses contemporains, dont il partage peu les idées.
Dans ce troisième tome, madame Bergeret, ayant trompé son mari, le quitte, le méprisant un peu. Le récit s'attarde alors sur la société aristocratique se fréquentant dans les châteaux de famille. L'Affaire Dreyfus est un arrière-fond omniprésent aux conversations des nobles héritiers militaires ou proches de l'armée, de leurs épouses, du clergé qu'il fait bon fréquenter. Le chanoine Guitrel ambitionne l'état épiscopal et évoque son futur anneau. Ceux du Moyen-Age étaient ornés d'une pierre ; madame de Bonmont, catholique d'origine juive, songe à lui offrir une pierre d'améthyste quand il sera élu. Ernest rêve d'obtenir le bouton des Brécé. Tout comportement est mondain et ambitieux, dicté par la pression de figurer dans la proximité des personnes influentes.
Monsieur Bergeret apparaît après la présentation de cette société corsetée. Il est toujours professeur. Sa vieille servante dépose un jour à l'entrée un chiot de race incertaine, de couleur noire et feu. Son arrivée donne lieu, après sa description, à une réflexion avertie de M. Bergeret sur les chiens célèbres et sur le nom qu'il convient de donner à ce chiot. La servante l'a déjà appelé Riquet. Riquet n'a pas de maître, et restera à M. Bergeret, qui partage avec lui son fauteuil d'homme studieux (pp. 160-181).
Le récit évolue d'un groupe de personnages à l'autre, ils sont peu amenés à se côtoyer, campent sur des positions tranchées sur l'Affaire, en deux groupes opposés comme l'était la société française de l'époque. Les affrontements concernaient aussi le clergé catholique et le gouvernement, qu'Anatole France met également en scène.
- Tombé à terre dans sa bibliothèque, M. Bergeret sent sur son visage le souffle inquiet du petit Riquet qui s'est précipité vers lui avec inquiétude (pp. 188-189).
- M. Bergeret entend avec déplaisir sa servante lui dire qu'elle vient récupérer le chien, dont elle a trouvé la maîtresse (p. 192).
- Riquet aboie férocement contre un visiteur et son maître lui donne des chiquenaudes en philosophant (p. 255-257).
- Riquet lève la tête avec inquiétude quand naît de la rue une grande rumeur (p. 261). Il répond par des aboiements aux cris antisémites de la foule du dehors (p. 263).
- Au chenil, il faut préparer la pâtée des chiens (p. 312).
- Expression injurieuse à terme canin (p. 343).
- M. Bergeret et son chien Riquet se promènent hors de la ville (pp. 346-349). Le chien s'assied avec résignation pour attendre que son maître explique une histoire de l'antiquité à M. de Terremondre, puis lui demande d'un regard suppliant de reprendre la promenade (pp. 354, 356, 358).
- Madame Worms-Clavelin est "crottée comme un barbet" (p. 362).